Il est 20h je ne suis pas rentrée « chez moi » mais j’avais pas envie non plus d’aller chez Saad. Rien que la vue d’une seringue me dégoûte mais je me doute que ce n’est que passager. Si jamais il ne me voyait rien consommer, il saurait qu’il s’est passé quelque chose et il insisterait pour que j’ailles à l’hôpital. Si jamais j’y entre pour overdose je risquerais de me faire virer du lycée et ça vaut mieux pas …
Je m’assois contre un arbre dans un parc, le vent est froid, je le sens s’infiltrer en moi, me mordre le visage et assécher mes lèvres. Puis une présence chaude s’assoit de l’autre côté de l’arbre, sans rien dire sans bruit, comme un ombre furtive qui ne laisse qu’un vague souvenir.
Le temps passe, il est peut être plus d’une heure du mat’ mais je m’en fous, j’ai frôlé la mort il y a quelques heures et des choses, trop de choses sont remontées à la surface, faisant monter le niveau qui me noie et m’étouffe un peu plus sous les décombre de ma…vie.
Inconnu : Quel intérêt à la vie ?
Je sursaute, non par le fait qu’il est parlé, mais plutôt parce qu’il a résumé mes pensées par cette phrase, cette toute petite phrase.
Inconnu : Tous les jours on se lève avec un masque de faux semblant pour sauver les apparences, à défaut de pouvoir se sauver soi-même car nous sommes trop faibles, trop bêtes et aussi incapables de sincérité, cette petite chose qui pourrait peut-être nous sauver.
Moi : Le monde avance sans nous entouré de mensonges, basé sur des lois que l’on croit politiquement correctes, mais le sont-elles vraiment ?
On se tait, repensant à nos paroles… Je peux entendre sa respiration régulière et posée car respirer c’est bien l’une des choses que l’on est capable de faire sans erreurs et sur quoi on ne peut poser de préjugé.
Je me retourne pour voir le visage de la personne dont les pensées sont si semblables aux miennes, mais il est parti comme il est venu : sans bruit, ne me laissant qu’un vague souvenir de sa voix. Alors moi aussi je pars. Le soleil va bientôt se lever et mon impitoyable quotidien scolaire, reprendre, ne me laissant de ces quelques instants qu’une impression de rêveries.












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