Fille
blonde : T’as vu comment Stacy était
fringuée ce matin * rire*
Fille
noir : Grave, elle a essayé de copier le style de Tanis
mais on aurait dit une baleine .
Fille
brune *relève la tête de son magazine* : Attend
June tu me la refais
?
June : Je disait qu’elle était
fringuée comme tu l’étais
hier.
Tanis : Rose, tu sais où elle
est ? Je vais lui donné une leçon !
*rire*
Rose : J’arrive, tu viens
June ?
June : Je vous
suis.
D’un œil distrait, je suis la
scène de la terrasse où je mange. Bizarrement, je me
sens moins « shootée » que
d’habitude. J’arrive à comprendre de quoi parle
les gens. C’est pas désagréable, enfin quand
c’est des choses plus sympa que leur discussion. Ce soir il
faudra que j’aille voir Saad, sinon ils vont croire que
j’ai clapsé, et vont se ruer sur la dose que ma
préparé Ryan… Ryan… Je vais pouvoir lui
défoncer sa gueule puisque je me sens pas trop dans les
vapes. En tous cas maintenant, je vais me méfier de ses
« tuyaux ».
« Dring !!!! »
Bon
j’ai plus qu’à aller en salle de chimie avec mon
« adorable » classe.
Je
m’installe sur une chaise, ça doit bien faire 9 mois
que je sèche les TP de chimie ce qui fait que je sais
même pas qui est mon partenaire. Si seulement j’avais
ne serait-ce qu’un vague souvenir du jour où le prof
nous avait mis en groupe.
La
salle se remplit peu à peu : tout le monde va voir son
binôme et j’en déduis enfin le nom de mon
partenaire, ce qui n’est pas forcément une bonne
nouvelle. Puis c’est au tour de Tanis de rentrer mais en me
voyant elle se stoppe, elle a l’air aussi contente que moi
d’avoir découvert son partenaire. Elle garde le regard
interdit puis en
informe ses amis (je suppose vu le regard qu’il me lancent).
Elle se retourne : je crois qu’elle se plaint au prof,
mais M. Regain ne semble pas avoir envie de l’écouter
. Elle s’avance vers moi avec ses amis et se
stoppe :
Tanis : Tu fous quoi
là ?
Moi : Je trais une vache ça ce voit
pas ?
Mec
roux : Tu vas lui parler meilleur, ok ?
Sinon…
Moi : Sinon quoi ? Tu vas me frapper,
me tuer ? Eh bah tu sais quoi ? J’en ai rien
à foutre !!
Mec
blond : Espèce…
Prof : Robert, Anton et Tanis asseyez-vous
tout de suite. Je ne sais pas si vous l’avez entendue mais la
cloche a sonnée !
Ils
me jettent un dernier regard assassin et vont s’asseoir
devant moi, Tanis se met à l’autre
extrémité de la table. Ça m’arrange
bien, ce genre de fille si futile qui ne pense qu’à
son petit monde où les autres tournent en orbite autour
d’elle, ça me dégoûte. Personne ne voit
qu’elle est creuse sans aucun scrupule et prête
à n’importe quoi pour rester la plus jolie car oui
jolie elle l’est, mais c’est d’une beauté
froide !
Alors
que j’attrape l’eau distillée, elle
m’échappe et se répand sur la table et,
malheureusement, sur ce petit bout de tissus qui lui sert jupe.
Elle se redresse horrifiée en me regardant
.
Moi : Oups désolée, la
bouteille a glissé.
Tanis : Comment as-tu osé ? Tu
l’as fait exprès !
Moi : Je t’ai dit qu’elle
m’avait échappée et je me suis excusée
alors tu vas pas en faire un drame c’est que de
l’eau !
Tanis : J’en ai rien à faire,
rembourse-moi !
Moi : Tu déconnes ? C’est
que de l’eau ! Dans 10 minutes y aura plus
rien !
Tanis : Tu sais combien elle m’a
coûté ? Et maintenant à cause de toi elle
est morte !
Moi : Si à chaque fois que toi ou tes
amis débiles avait bousillé mes fringues je te
demandais de l’argent, je serais milliardaire, tu sais !
Alors ton argent tu te le mets où je pense
.
Elle
me regarde. Je peux voir dans ses yeux de la colère, de la
fureur et de l’incompréhension. Tanis ne comprend pas
pourquoi, comme tous ses petits chiens, je n’approuve pas ses
paroles comme si c’était une déesse. Tout se
passe très vite : je la vois attraper une fiole
d’acide et me la jeter dessus. J’ai juste le temps de
protéger mes yeux.
Je
sens la morsure de l’acide sur ma peau. Avec un taux
« normal » d’héroïne dans
le sang, je n’aurais rien senti, mais pour le moment, je suis
capable de sentir chaque gouttelette d’acide ronger ma peau
dans un brûlure insoutenable qui m’arrache un
cri.
Tous
les regards sont tournés vers moi, surpris de mon cri, moi
qui suis habituellement si silencieuse. Il leur faut quelques
secondes pour comprendre ce qu’il s’est passé.
Le prof court vers nous, me prends et me mets sous la douche
d’urgence pour enlever l’acide. La douleur se fait
moins forte mais je sens les sillons que le liquide à
tracé sur ma peau. Tout le monde est stupéfait. Je
sors de la douche, trempée, attendant
l’infirmière en grelottant. Arrivée dans la
pièce, elle me tâte, m’examine,
désinfecte et me fait un pansement me donnant des conseils
et me disant de rentrer me reposer. Je lance un regard remplis de
haine à Tanis, elle ne l’emportera pas au
paradis.
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